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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 10:54

L’origine du Flamenco

 

Le flamenco est intimement lié au monde gitan. Toute analyse le concernant se doit d’étudier le peuple gitan. En effet plus nous connaîtrons celui-ci, plus aisée sera la compréhension, ou ne serait-ce l’approche, du monde mystérieux du flamenco.

 

D’où viennent les Gitans ?

 

Une fausse croyance, entretenue de façon inexplicable durant des années et affirmait que les Gitans étaient des Egyptiens, est aujourd’hui dépassée.

Il suffit de pencher, avec un minimum de rigueur, sur le sujet pour s’en rendre compte. Les opinions les plus sérieuses et les plus dignes de foi s’accordent pour dire que les Gitans sont originaires du nord-est de l’Inde, une zone appelée, de nos jours, Pakistan. Les Gitans sont d’origine hindoue. Ils ne sont pas pour autant aryens car il faut rattacher leur ethnie à la race pré-aryenne qui vécut au début de notre ère et développa une culture riche et brillante, avant d’être soumise par des envahisseurs, venus du nord, des Aryens justement.

 

Les années passèrent et cette culture étouffée reprit ses droits car « l’orgueil des humiliés survit toujours à la vanité des puissants ». (Félix Grande)

Le mystère qui entoure l’origine des gitans a semé le doute dans bien des esprits et plongé dans l’erreur beaucoup de monde.

Il n’est pas question de faire ici, en quelques lignes, toute la lumière sur le sujet mais d’ores et déjà deux affirmations s’imposent :

-       Les Gitans sont d’origine hindoue et non égyptienne.

-       Il ne sont pas arrivés après être passés par les Flandres comme certains esprits farfelus ont voulu le faire croire.

 

Leur longue marche

 

Après avoir supporté de nombreuses vicissitudes, les Gitans s’exilèrent, en masse, vers le IXe siècle environ ; le peuple gitan à préféré fuir plutôt que de combattre. Il émigre. Cette race n’a jamais manifesté d’instincts belliqueux.

Il existe différentes hypothèses quant à leur route et il est assez juste de penser qu’ils ont, effectivement, suivi plusieurs chemins. Malgré tout, la thèse la plus plausible propose le chemin suivant :

Les Gitans quittèrent une région appelée, aujourd’hui Pakistan. Ils ont ensuite, traversé l’Afghanistan, la Perse, l’Arménie, puis longèrent les bords de la mer Noire, ils pénétrèrent en Turquie en se dirigeant vers le sud de l’Europe, en y faisant même quelques incursions. Puis, à l’approche des Alpes, certains se dirigèrent vers le nord, les pays nordiques et la Grande Bretagne ; d’autres s’en allèrent vers le sud, longèrent la Côte d’Azur pour pénétrer, e,fin en Espagne.

Ce long voyage dura des siècles et fut semé d’embûches que nous n’évoquerons pas, car ce n’est pas le but de cet ouvrage. Nous nous contenterons de dire que, à quelques exceptions près, les souffrances ont accompagné le Gitan tout au long de sa route et que, généralement, il était fort mal reçu partout où il passait.

 

 

Arrivée en Espagne et installation en Andalousie

 

En ce qui concerne leur arrivée en Espagne, le pays qui nous intéresse, le document écrit le plus ancien et le plus fiable date de 1425. C’est un sauf-conduit, donné par le roi Alphonse V le magnanime, autorisant l’entrée d’un groupe de Gitans en janvier de cette même année. Les Gitans arrivent donc en Espagne à la fin du premier quart du XVe siècle.

On a pu calculer qu’environ 180 000 gitans entrèrent, ainsi, en Espagne par vagues successivement, passant par les Pyrénées, pour se disséminer, peu à peu, dans tout le pays.

 

Un autre document, de 1462, sert de témoignage pour préciser leur arrivée en Andalousie, où ils firent leur entrée par Jaen.

C’est là, en Andalousie, que les gitans trouvèrent, enfin, une atmosphère propice à la fin de leur longue errance. La principale raison fut, semble-t-il, la grande capacité d’assimilation du peuple Andalou. En effet, durant des siècles, l’Andalousie ayant connu de nombreuses invasions (Tarteses, Phéniciens, Grecs, Cartaginois, Romains, Wisigoths, Arabes …) elle était devenue un grand creuset de cultures. L’ouverture d’esprit des Andalous, habitués à découvrir de nouvelles cultures. L’ouverture d’esprit des Andalous, habitués à découvrir de nouvelles coutumes, facilita l’accueil de ces derniers venus et une symbiose profonde se produisit.

 

Les Gitans refondent la musique Andalouse.

Naissance du flamenco

 

Les Gitans s’adaptèrent très vite à l’Andalousie, assimilant la façon de vivre, les coutumes, le folklore de cette terre.

Bernard Leblon analyse cette situation avec une grande clarté : « Une longue tradition d’hospitalité, un don particulier pour la communication, des affinités, spécialement pour la musique, un sens particulier de la fête, sans oublier le besoin d’artisans et de commerçants spécialisés, tout cela p dû faciliter l’installation des Gitans dans plusieurs régions d’Andalousie ».

Les Gitans possédaient, alors, deux styles de musique très différents : d’une part une musique d type folklorique, gaie, expansive, que l’on pourrait même qualifier de commerciale, et qui leur permettait d’amuser les gens afin d’assurer le pain quotidien.

Ils développèrent, d’autre part, un tout autre genre de musique, plus intime, plus humaine, chargée de valeurs ancestrales, qu’ils jouaient seulement pour eux.

Par ailleurs il ne faut pas oublier que, pour différentes raisons politiques, religieuses, idéologiques ou économiques, d’autres groupes ethniques, très hétérogènes, partagèrent rapidement, avec les Gitans de l’Espagne d’alors, peines et misères : ce sont les Juifs, les Mauresques et d’autres Andalous marginaux. Tous, au sein de leur famille ou par simple solidarité, ont apporté à la musique locale l’écho de leurs souffrances. Les premiers cris naquirent, imprégnés par d’indéniables influences juives et mauresques fondés surtout sur cette compréhension Gitans/Andalous. Ils furent le prélude à ce qui serait, plus tard, le cante flamenco. Voilà pourquoi il fut dit, parfois, que le flamenco était né par besoin.

La participation des Gitans fut donc décisive quant à la formation, la gestation du flamenco. Cependant il faut dire haut et fort que le flamenco n’appartient pas exclusivement aux Gitans, comme beaucoup voudraient le faire croire. Sans eux le flamenco n’existerait pas mais ils n’en sont pas pour autant les uniques créateurs. Les auteurs Molina et Mairena soulignent que : « Avec des matériaux disséminés sur les terre de Séville à Cadix, un peuple nouveau, le peuple gitan, arrivé à la fin du siècle forgera les premiers cantes flamencos en leur intégrant diverses traditions musicales ».

Ríos Ruiz va dans le même sens ; « les Gitans absorbèrent, à la fois le folklore Andalou aux lointains échos orientaux et un recueil de chants populaires, à large gamme musicale et stylistique, pour y injecter une note personnelle en faisant jaillir de cette rencontre quelque chose de neuf : le cante jondo ».

 

La conclusion est donc toute simple : lorsque les Gitans s’installèrent en Andalousie naît le flamenco. Mais cette naissance s’explique aussi par l’originalité de cette terre.

Durant leur longue marche qui les mena à travers tant de pays différents, aux peuples et aux coutumes si variées, jamais la moindre trace ou manifestation qui ressemblerait de près ou de loin au flamenco, ne fut observée.

Le Gitan ne chante pas du flamenco parce qu’il est Gitan. Le flamenco n’est pas une production spontanée de ce peuple mais bien la manifestation musicale produite exclusivement par la cohabitation des Gitans et des Andalous, et ceci, seulement dans certaines régions d’Andalousie.

C’est également la conviction de Félix Grande qui affirme : « Quelles que soient les différentes origines des musiques anciennes qui ont servi la formation du cante , l’important fut le mélange, mélange qui se réalisa seulement et uniquement en Andalousie ».

 

 

(A suivre)

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Published by Virginia Pozo - dans Histoire du Flamenco
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Virginia Pozo

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  • : Bercée depuis ma plus tendre enfance par le Flamenco, je l'enseigne depuis plus de vingt ans. Le flamenco est un héritage profondément ancré en moi, ma culture. Mon souhait à travers ce blog est de le promouvoir comme je le vis et le transmets lors de mes spectacles ou auprès de mes élèves, sans le dénaturer, lui garder son essence originelle.
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