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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 15:01

f) L’Opéra-flamenco

Avec Pepe Marchena (1903-1976) la mode de l’Opéra-flmaenco s’étend encore et le dégradation s’accentue. Le cante pur est déprécié et le fandango devient roi, occupant de plus en plus le devant de la scène. Le goût pour le cante authentique se perd au profit d’un chant superficiel. Plus triste encore : certains cantaores de qualité se sont vus dans l’obligation de suivre les styles et les goûts du moment pour pouvoir survivre. Les roulades, les trilles sont à la mode et le cante, synonyme de tristesse, de par la charge dramatique qu’il renferme, se ridiculise par excès de sophistication.

Vers les années 40, des spectacles de théâtre flamenquisés, organisés par Manolo Caracol lui-même, vinrent clore le tout. Ils furent très appréciés, en leut temps, par un public en mal de sensiblerie, tout à fait en accord avec la situation politique du moment. Heureusement ce pseudoflamenco altéré fut vite démodé.

 

g) La décade des années 50 : l’éspoir renaît

Plusieurs événements de grande importance vont avoir lieu à cette époque et vont transformer complètement le paysage du flamenco. José Blas Vega les résume avec précision :

« Avec l’année 1955 commence une nouvelle étape dans l’histoire du flamenco… »

« Plusieurs facteurs ont conduits à cette réussite définitive. Le premier, et le plus important, fut la publication du livre de Anselmo Gonzales Climent intitulé « Flamencologia »… »

« Il s’en suivit une campagne de conférences et plus d’une cinquantaine de publications… »

« Fondation de la chaire de flamencologie à Jerez… »

« Concours National d’Art Flamenco de Cordoue… »

« Parution de la première anthologie discographique flamenca chez Hispavox… »

« Le patrimoine spirituel et culturel du flamenco est sauvegardé et constamment défendu par les conseils culturels, les fondations, les congrès, les biennales… »

L’enchaînement de tous ces évènements a eu, sans aucun doute, une influence décisive sur l’avenir  du flamenco. Aujourd’hui, celui-ci est maintenu par des structures qu’il n’avait jamais eues auparavant et qui, de toute évidence, garantissent et garantiront, à l’avenir, sa survie.

 

h) Des années 60 à nos jours : le tablao et le disque

Le décollage économique des années 60 et l’augmentation spectaculaire du tourisme en Espagne vont contribuer d’une façon primordiale à la prolifération des tablaos flamencos.

Le tablao est une salle de spectacle, fonctionnant le soir, et où il est possible de voir et d’entendre du flamenco. Le public est composé, en majorité, de touristes étrangers et le spectacle consiste, en général, à présenter de la danse.

Le tablao est en fait, une adaptation à notre époque moderne, de l’ancien café cantante. La différence réside tout de même dans le fait que, dans les cafés cantatntes le cante est souvent de bonne, voire de très bonne qualité, alors que dans un tablao, le meilleur peut parfois côtoyer le pire.

Une des fonctions du tablao fut participer à la diffusion du flamenco à l’échelon mondial. Ce sont, en effet, des milliers, des millions même de touristes de toutes les nationalités qui assistent à des spectacles dans les tablaos, digérant, plus ou moins bien le « menu » flamenco proposé par la maison. Ce plus ou ce moins dépendent du degré de sensibilité du public et, bien sûr, de la qualité du spectacle offert.

Parallèlement au tablao, le disque représente, à lui seul déjà, une possibilité de diffusion très importante.

Le rôle des maisons de disues pour faire connaître le flamenco et le vendre, bien sûr, a été très important depuis ces quarante dernières années. Grâce au disque il est possible d’écouter toutes les voix flamencas, de l’époque de Chacón (1869-1929) à nos jours.

Grands défenseurs du disque, nous nous opposons en cela aux puristes les plus intransigeants. Il faut évidemment admettre que « le disque ne reste qu’une approche, ce n’est en aucun cas la réalité du cante ni son émotion ». De même, « le grand flamenco ne peut être ressenti que dans l’intimité de comités restreints composés de véritables connaisseurs. »

Tous deux ont parfaitement raison mais il faut bien admettre qu’il n’est pas donné à tout le monde de profiter de la pureté d’un cante savouré dans l’intimité d’une fête privée. Si le flamenco n’avait été transmis qu’au sein de petits cercles clos, de quatre ou cinq connaisseurs, il serait aujourd’hui complètement perdu.

Le disque, avec ses avantages et ses inconvénients a permis toutefois de conserver et de diffuser le cante. Pour qui possède une certaine sensibilité et un minimum de respect pour cet art, écouter un disque avec recueillement, dans un endroit calme,  permet de profiter pleinement du cante.

Méfions-nous, avec Manuel Barrios, de l’exaltation consistant à prôner, comme valeur suprême, la juerga privée, dans le petit matin :  « le cante dans une pièce. Cette phrase est devenue un topique. Il faut savoir que ce cante à huis clos est bien souvent écouté après plusieurs verres qui préparent l’esprit à trouver sublime ce qui ne l’est pas toujours. Retirez cinq heures à l’horloge, quatre bouteilles de vin, quelques unités à la tension artérielle des participants et que reste-t-il à certaines de ces soirées où le désir d’entendre des choses merveilleuses conduit à l’hallucination ? »

Il est certain que toute attitude radicale est dangereuse. Voilà pourquoi il ne faut nier ni l’importance du disque ni celle du tablao. Ecouter un bon disque dans de bonnes conditions peut offrir à l’amateur bien des plaisirs et bien des émotions.

 

i) Les festivals et le nouveau théâtre

Au cours de ces vingt-cinq dernières années, le flamenco a bénéficié aussi de deux autres moyens exceptionnels pour s’exprimer. Ce sont les festivals d’été et un nouveau genre de théâtre flamenco : le théâtre à thème.

Les festivals ont lieu l’été, de juin à septembre, dans de très nombreuses villes d’Andalousie. Ce sont des spectacles nocturnes, en plein air, puisque le climat andalou le permet. Ils sont subventionnés par les municipalités et les départements culturels des différents gouvernements des régions autonomes. Ces festivals présentent toujours des spectacles de bonne, voire de très bonne qualité. On y reste rarement sur sa faim.

Cinquante festivals environ ont lieu dans de nombreuses localités d’Andalousie.

 

 

(Source du texte : Jose Luis Lopez)

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Published by Virginia Pozo
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Virginia Pozo

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  • : Bercée depuis ma plus tendre enfance par le Flamenco, je l'enseigne depuis plus de vingt ans. Le flamenco est un héritage profondément ancré en moi, ma culture. Mon souhait à travers ce blog est de le promouvoir comme je le vis et le transmets lors de mes spectacles ou auprès de mes élèves, sans le dénaturer, lui garder son essence originelle.
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